Critique de Frédéric Bouglé - Crítica de Francisco Calvo Serraller


Frédéric Bouglé
Directeur du Centre d'Art Contemporain le Creux de l'enfer, Thiers, 2004

Une peinture qui retient l'intime
et refoule le grandiloquent



Les tableaux de Fernando X. González baignent essentiellement dans une lumière intermédiaire, quand celle du soleil hésite à céder la place d'une autre artificielle. L'artiste travaille sur bois, sur toile, sur papier. Les sujets qu'il traite valident des odes en forme de petites icônes sur bois. Des tableaux qui évoquent plus qu'ils ne décrivent une réalité poussiéreuse et évanescente. On reconnaîtra pourtant des aires industrielles vides de présence humaine, des quais portuaires désaffectés, des évocations de rituel populaire, des tracés de cités oubliées, et parfois encore des accointances en rapport avec des souvenirs plus personnels.
Sa technique picturale laisse supposer une importante élaboration, chaque étape tendant à la fois à recouvrir en partie la précédente, à la fois à en accuser l'intérêt. Ses peintures sur bois laissent travailler en réserve la nature texturée du support, des fonds qui prennent alors un rôle véritablement actif dans l'engagement du vocabulaire des couleurs.
Une évocation d'attributs féminins se mêle parfois à la solitude des tableaux. Si des chevelures privées de visage, un dos velouté, une épaule dénudée participent à éveiller la sensualité, l'œuvre n'en demeure pas moins d'une grande pudeur et complexité. L'artiste peint à l'huile, embaumant ses sujets, et atténue la vivacité de ses couleurs par le deuil du blanc. Mais les mille nuances de ses gris fluctuants s'irisent de bleu, de vert, de jaune et de rose légers. De ce brouillard de couleurs, de cette poussière de soleil, de cette nuée de matière calcaire, des paysages et des êtres qu'on imagine éphémères vont naître. L'ambiance mi-nostalgique mi-purificatrice qui en résulte mobilise l'affect sur des intuitions abstraites, à la lisière du réel, au passage de la vie à sa perte. De manière récurrente, ses sujets ravivent une mémoire populaire, retiennent l'intime et refoulent le grandiloquent. L'artiste peint comme d'autres modèlent leurs sujets dans la terre humide. Et les tableaux présentés ordinairement en petits groupes murmurent une conversation secrète. Avec le souffle d'un Fernando Pessoa, elle élève l'artiste au rang d'un hétéronyme oublié.




Diario El País / Madrid 17/03/2007
Francisco Calvo Serraller

La luz de la oscuridad

El argentino Fernando Xavier González explora con su pintura los espacios y dota a los objetos que halla en ellos de una extraña y vibrante luminosidad.

Nacido en Buenos Aires en 1956 y afincado en París desde 1983, Fernando Xavier González representa para mí un prototipo de artista sorprendente. Evidentemente, no lo es en absoluto por lo que taxonómicamente se le podría definir como "pintor figurativo", aunque, desde luego, esta clasificación le incluya, de entrada, entre los "inactuales", algunos de los cuales -muy pocos- alcanzan la rara excelencia de la intempestividad.
Yo creo que Fernando X. González es uno de ellos, pero no sólo por la calidad de su selectiva mirada -lo que ha elegido mirar y representar-, ni tampoco por su extraordinario refinamiento pictórico, que sintetiza muchos de los mejores aciertos de los maestros antiguos y contemporáneos, sino por su peculiar interpretación de la luz y los espacios que hurga a través de ella.
Ahora que se habla tanto de "hibridación", Fernando X. González es un raro híbrido entre artes y perspectivas muy diversas, pero, sobre todo, atraviesa lo real oreando su lado más misterioso y sombrío. A partir de lo que he alcanzado a ver de su trayectoria, recuerdo, en primer término, sus inquietantes efigies de indios amazónicos y su no menos extraña colección de cabezas tomadas en sus posiciones sucesivas de giro: frontales, de perfil o de tres cuartos de perfil; luego, sus troceamientos fetichistas del cuerpo femenino, y, en fin, ahora mismo, sus habitaciones vacantes y sus perspectivas de techumbres urbanas.
Cualquiera de estos temas, se adivina, están cargados de enjundia simbólica, aunque lo relevante es el tratamiento luminoso con que los aborda, muy de un pathos tenebrosamente melancólico, como quien se distancia de la realidad hasta convertirla, en algo, en efecto, distinto e inalcanzable, pero que emocionalmente nos golpea por su tangibilidad física, mortal. Así, este "convencional" nada convencional nos da una lección del permanente recomienzo del arte.

Francisco Calvo Seraller, historiador e investigador, es catedrático de Historia de Arte Contemporáneo, miembro de número de la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando y ha sido Director del Museo del Prado; también es crítico de arte en distintos medios especializados.